Force majeure et inexécution contractuelle : guide pour les propriétaires de petites entreprises

Dec 16, 2025Arnold L.

Force majeure et inexécution contractuelle : guide pour les propriétaires de petites entreprises

Dans le monde des affaires, un contrat est une promesse. Cependant, il arrive parfois que des événements extraordinaires et imprévus rendent cette promesse impossible à tenir. Qu’il s’agisse d’une pandémie mondiale, d’une catastrophe naturelle ou d’une fermeture soudaine imposée par le gouvernement, ces « actes de Dieu » peuvent perturber les chaînes d’approvisionnement, interrompre la fabrication et empêcher la prestation de services.

Lorsqu’une partie ne peut pas remplir ses obligations contractuelles en raison de circonstances indépendantes de sa volonté, des doctrines juridiques comme la force majeure, la frustration de l’objet du contrat et l’impraticabilité commerciale entrent en jeu. Comprendre ces concepts est essentiel pour tout propriétaire d’entreprise qui souhaite protéger ses intérêts et gérer les risques.

Qu’est-ce que la force majeure ?

Une clause de « force majeure » (du français, « force supérieure ») est une disposition courante dans de nombreux contrats commerciaux. Elle excuse une partie de l’exécution de ses obligations lorsqu’un événement extraordinaire survient et échappe au contrôle raisonnable des parties.

Les événements de force majeure typiques comprennent :
* Les catastrophes naturelles (inondations, tremblements de terre, ouragans).
* La guerre, le terrorisme ou les troubles civils.
* Les grèves ou les perturbations industrielles.
* Les mesures gouvernementales ou les changements de loi.
* Les épidémies et les pandémies.

Le point de vue du fournisseur par rapport à celui du bénéficiaire

Lorsqu’on négocie ou qu’on examine une clause de force majeure, la perspective de chaque partie diffère considérablement :

  • Le fournisseur (vendeur) souhaite généralement une clause large. Il cherche à inclure un vaste éventail de perturbations possibles ainsi qu’une formule de rattrapage (par exemple, « toute autre cause indépendante du contrôle du fournisseur ») afin d’être protégé s’il ne peut pas livrer des biens ou des services.
  • Le bénéficiaire (acheteur) souhaite généralement une clause étroite. Il veut limiter l’inexécution excusable à une liste précise et exhaustive d’événements. Cela permet de s’assurer que le fournisseur demeure responsable de ses engagements, sauf en cas d’événement réellement extrême.

Exigences de préavis et d’atténuation

Le simple fait qu’un événement de force majeure se produise ne suffit souvent pas à excuser l’inexécution. La plupart des contrats exigent que la partie touchée :
1. Fournisse un avis en temps opportun : aviser officiellement l’autre partie de l’événement et de son incidence prévue.
2. Atténue les dommages : prendre des mesures raisonnables pour trouver d’autres moyens d’exécuter le contrat ou pour réduire au minimum la perturbation (par exemple, trouver un autre fournisseur ou un autre itinéraire de transport).

Recours de common law : lorsque le contrat est silencieux

Si un contrat ne contient pas de clause de force majeure, ou si la clause ne couvre pas l’événement en question, les entreprises peuvent se tourner vers des recours de « common law ». Il s’agit de principes juridiques appliqués par les tribunaux afin d’assurer l’équité lorsqu’un contrat devient impossible à exécuter.

1. Frustration de l’objet du contrat

La frustration de l’objet du contrat survient lorsqu’un événement imprévu compromet la raison d’être même du contrat, même si l’exécution reste techniquement possible.

Exemple : Imaginez qu’une entreprise loue une grande salle de réception précisément pour une conférence nationale. Si le gouvernement interdit soudainement les grands rassemblements, l’entreprise peut encore payer le loyer, et la salle demeure disponible, mais l’objet du contrat (tenir la conférence) a été frustré. Dans ce cas, un tribunal pourrait dispenser l’entreprise de l’entente de location.

2. Impraticabilité commerciale

L’impraticabilité s’applique lorsqu’un événement imprévu rend l’exécution tellement difficile ou coûteuse qu’elle n’est plus commercialement raisonnable. Cela va au-delà d’une simple hausse des coûts; il doit s’agir d’un changement extrême et disproportionné qui contrevient à une hypothèse fondamentale du contrat.

Exemple : Un fournisseur s’engage à fournir un minéral rare provenant d’une mine précise. Si une inondation « qui ne survient qu’une fois par siècle » ferme définitivement cette mine et qu’il n’existe aucune autre source disponible dans le monde, le fournisseur peut invoquer l’impraticabilité, car le coût et la difficulté de trouver un remplacement seraient ruineux.

Meilleures pratiques pour les contrats futurs

Les perturbations causées par les événements mondiaux récents ont mis en évidence l’importance de rédiger les contrats avec soin. Pour protéger votre entreprise à l’avenir, envisagez ce qui suit :

  • Soyez précis : ne vous fiez pas à une clause de force majeure générique. Incluez expressément les événements pertinents pour votre secteur (par exemple, « pandémies », « cyberattaques » ou « retards d’expédition »).
  • Définissez des limites de temps : déterminez pendant combien de temps l’exécution peut être excusée. Après une certaine période (par exemple, 60 ou 90 jours), l’une ou l’autre des parties devrait avoir le droit de résilier le contrat sans pénalité.
  • Traitez des obligations de paiement : soyez clair sur le fait qu’un événement de force majeure excuse ou non le paiement. Habituellement, même si la livraison peut être excusée, l’obligation de payer les services déjà rendus demeure.
  • Consultez un professionnel : le droit des contrats varie selon l’État et la juridiction. Faites toujours réviser les contrats importants par un avocat qualifié afin de vous assurer que vos clauses de force majeure et de résiliation sont solides et exécutoires.

Mot de la fin

Les événements imprévus font partie des risques inhérents aux affaires, mais ils ne doivent pas nécessairement être catastrophiques. En comprenant les protections offertes par la force majeure et les doctrines de common law, et en négociant de manière proactive des clauses contractuelles claires, vous pouvez rendre votre entreprise suffisamment résiliente pour traverser n’importe quelle tempête.


Avis de non-responsabilité : Cet article fournit des renseignements et une analyse généraux et ne constitue pas un avis juridique. Le droit des contrats est complexe et varie selon la juridiction. Consultez toujours un avocat autorisé pour obtenir des conseils adaptés à votre situation d’affaires particulière.

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